La ville désirable

A la question, qu’est-ce qu’une ville durable, posée à Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, ville pilote en développement durable, la réponse fut claire : c’est une ville désirable. Le durable, c’est du désirable. Pas le désirable vendu par les annonces publicitaires. Pas, comme dans la chanson Foule sentimentale d’Alain Souchon, « de l’avoir plein nos armoires ».

« Oh la la la vie en rose
Le rose qu’on nous propose
D’avoir les quantités d’choses
Qui donnent envie d’autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car

Foule sentimentale
On a soif d’idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle »

Donc… un horizon désirable : le retour de la nature en ville, celui des hirondelles voire du pic-vert, comme à Loos-en-Gohelle, des chemins verts, des jardins potagers urbains comme ceux des Incroyables Comestibles. Des activités qui font sens plutôt que de perdre sa vie à la gagner. Le désir d’échanger avec son voisin plutôt que de faire la course à celui qui aura la plus grosse voiture (voiture, n’est-ce-pas !). L’envie de vivre dans des maisons convenablement isolées, pas des passoires énergétiques pour que nos quelques sous aillent plutôt dans les poches des artistes et de ce qui nous fait vibrer plutôt que dans celles d’EDF. Utopie ? Mais non ! C’est possible. Pour autant que l’on accepte la transition, le changement de modèle. Pas forcément dans la douleur et le dépouillement, pas nécessairement à coups d’immenses sacrifices et de grandes souffrances. Qui veut faire croire que la simplicité passe obligatoirement par la flagellation et le retour à la bougie ?

Donc voilà, nous sommes si nombreux à rêver d’autres perspectives, nombreux aussi sont ceux qui, même timidement, remettent en cause les dictats et osent peu à peu d’autres modes de relations avec leurs voisins, leurs collègues, tentent des fonctionnements différents, se lancent dans de petites aventures qui signent les frémissements du changement.

Mais jour après jour, on nous ressert Frigide Barjot et sa sainte famille, l’épouvantable pub pour la Matmut qui nous prend vraiment pour des cons (pitié, France Inter !), la part d’ombre de l’un, le cynisme des autres, les fautes morales et autres manipulations stratégiques. Alors que nous rêvons d’étoiles et de voiles. « Il nous faut des étoiles », me disait Jean-François Caron. Où sont-elles ?
La ville désirable dans Ecologie dsc_8733-1_72

© Lou Camino

Il nous faudrait « une bonne guerre » ?

« Peut-on bâtir un monde durable avant la fin du monde? ». Cette question aux accents eschatologiques n’est pas le fruit d’un prédicateur illuminé, mais le titre d’un article publié il y a quelques mois dans le quotidien britannique The Guardian. Ecrit par un spécialiste du développement durable, il se fait l’écho d’une sourde angoisse contemporaine quant à l’avenir de la planète dans le contexte du réchauffement climatique et de l’épuisement de la ressource. Que faire ? Rien, selon les pessimistes, le monde court à sa perte et c’est tant pis pour nous. L’humanité peut disparaître, la Terre, résiliente, survivra aux désordres climatiques. Agir, estiment les optimistes, transformer la volonté en décisions et les décisions en actes. Agir, oui, mais agir vite. Lire la suite de ‘Il nous faudrait « une bonne guerre » ?’

CliMates : l’intelligence collective en action

« On va continuer de grandir et progresser ». Par ce sms aussi résolu que laconique, Henri Landes, jeune franco-américain qui préside aux destinées d’un réseau international d’étudiants, confirme mon sentiment : CliMates a un bel avenir. Think and do tank réunissant des jeunes du monde entier pour réfléchir et agir sur les questions du changement climatique, CliMates vient de tenir son premier sommet à Paris.

CliMates : l'intelligence collective en action dans Documentaire climates1 © CliMates
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Le protocole pris au piège

Cette belle formule, dont je ne suis pas l’auteure revient à Alexandre Astier. Comédien, auteur-réalisateur-metteur en scène, musicien, connu pour la série Kaamelott, il a réalisé le film David et Madame Hansen qui sort aujourd’hui en salle. Hier matin, sur les ondes d’Inter, dans l’émission de Pascale Clark, j’ai eu le plaisir de l’entendre évoquer un documentaire allemand, Une journée disparue dans le sac à main, en particulier l’héroïne dudit documentaire qui a inspiré son film. Il expliqua, en substance que, par chance, cette femme, malgré la maladie, avait encore les moyens d’exprimer ce qu’elle ressentait, pouvant ainsi « envoyer chier » (je cite !) l’ergothérapeute à chaque tentative de proposition d’ « activité ». Et de raconter sa jubilation devant « le protocole pris au piège ». Lire la suite de ‘Le protocole pris au piège’

La conversation fertile

Peut-être avez-vous eu un jour la chance* de naviguer au large de la pointe du Raz, là où les courants marins de la Manche et ceux de l’Atlantique se percutent et s’entremêlent pour donner vie à une mer tourbillonnante ? Par une fin d’après-midi, un soleil d’or se rapprochant de l’horizon, j’ai pu éprouver ce moment rare : je quittais une mer d’huile pour voguer sur des eaux plus agitées, dans une ambiance de mouettes crieuses, de vents contraires et de lumière métallique, signes d’un changement, d’un passage, d’une transformation.

Cette image puissante, où la clarté se joint à une inquiétante étrangeté, me vient lorsque je pense au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Incertain, changeant, tout y semble possible : des ravages tsunamiques aux horizons lumineux, personne ne sait très bien de quoi demain sera fait. « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve », écrivait le poète Hölderlin. Lire la suite de ‘La conversation fertile’

Des musiciens et des banques

Il y a quelques semaines, circulait sur les réseaux sociaux, la vidéo d’un groupe de chanteurs et de danseurs espagnols qui protestaient de façon flamboyante contre la crise financière. Las de voir les pouvoirs publics injecter de l’argent dans la banque, en l’occurrence Bankia, alors que la population subit une grave crise économique et sociale, Pincho de Leche entamait une bulería (l’un des schémas rythmiques du flamenco) au cœur d’une agence bancaire, bientôt accompagné par le ballet ardent de femmes fières et indignées, menées par Paca la Monea. Si le réflexe d’un agent de la banque consiste à décrocher rapidement le téléphone pour appeler à l’aide devant une telle intrusion, les clients, eux, apprécient manifestement l’heureuse surprise. Et pour cause ! Quelle superbe !

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Jeunes et même pas peur !

Beaucoup de points d’exclamation, décidément, dans les titres de mes derniers posts. L’expression d’un enthousiasme façon Coué ? Sans doute, tant il me semble que l’optimisme de la volonté reste le meilleur allié du pessimisme de l’intelligence, pour reprendre la formule de Gramsci.

De l’intelligence, de l’émotion (mais l’une ne pas va sans l’autre comme nous le savons grâce aux neurosciences), les étudiants réunis au sein de Paris+20, à Science Po, en ont témoigné ces derniers jours. Qu’ils étudient à l’IEP ou dans d’autres écoles et universités, et alors que leurs petits camarades ont pour la plupart déserté les salles de cours, les Paris+20 sont restés pour « jouer » à… Rio+20. Jouer au sens très sérieux des enfants, avec des règles à respecter, des enjeux et des objectifs à atteindre. Jouer pour apprendre, pour comprendre et pour agir plus efficacement lorsqu’une situation comparable au jeu se présentera un jour, en « vrai ». Un exercice pédagogique grandeur nature qui vaut sûrement un bon cycle de cours sur les négociations internationales.

Jeunes et même pas peur ! dans Ecologie Paris+2021 Lire la suite de ‘Jeunes et même pas peur !’

Tout est quantique !

On pourrait dire aussi : tout est physique, tout est mathématique, tout est philosophique. Ou encore, tout est relatif ! Ce titre-boutade accrocheur chapeautait une journée organisée au Musée des Arts et Métiers-CNAM, à l’initiative de ce dernier et du CNRS. Pour admirer une Tour Eiffel qui lévite ou pour avoir un avant-goût du skate flottant de Marty McFly, le héros de Retour vers le Futur, pour apprendre comment la physique quantique s’incarne chaque jour un peu plus dans notre quotidien, du laser des lecteurs de CD à la fibre optique qui nous relie via le web, pour comprendre comment la luciférine des lucioles émet des photons tout comme les LED mais pas de la même manière, une foule incroyable s’est pressée dimanche dernier au musée du CNAM. Tous les âges, hommes et femmes, profanes et amateurs de physique… chez tous, l’enthousiasme de la curiosité le disputait à la joie de la découverte. Et non ! Ce n’est pas une remarque gnan gnan, c’est du vécu ! Lire la suite de ‘Tout est quantique !’

Un jour comme les autres (ou presque)

Les premières notes entendues furent celles que siffla le merle, haut perché sur le toit d’en face.
Le premier mot lu fut écrit par un vieil ami. Non pas qu’il est vieux, mais nous nous connaissons depuis plus de deux décennies. Suivirent via fb une flopée touchante de dédicaces, dans des registres allant de « sobres et simples » à « vibrantes » en passant par « chaleureuses ». En français, en anglais, en espagnol.
Le premier sourire fut celui de mon fils, un gros effort car il a souvent le réveil bougon avant le café du matin.
Le premier transport fut… non, pas le métro, enfin si, mais je ne parle pas de ce type de transport. Non, le premier vrai transport ressenti fut permis grâce au talent du trio George Sand, lors d’un concert au musée d’Orsay. Lire la suite de ‘Un jour comme les autres (ou presque)’

Sortez de la caverne !

C’est par cette injonction que Tedx Paris Universités 2012 nous convie samedi 19 mai à la Cité des Sciences. « Un événement où les arts, les humanités, les technologies et les sciences se rencontreront pour édifier l’Université de demain », promettent les organisateurs. Pour ceux qui ne connaissent pas les conférences Ted (il y en a encore ?), elles sont nées au US il y a près de 30 ans. « Ideas worth spreading », des idées qui méritent l’essaimage, tel est le slogan de Ted. Ted pour technology, environment, design… mais en fait, tous les sujets sont abordés pour autant qu’ils apportent un nouveau point de vue, une innovation, une dynamique. Les intervenants se succèdent sur scène pour transmettre leur idée, ils racontent une histoire souvent captivante. Le public écoute et les contacts se nouent entre deux talks. Une belle idée, l’ancêtre du réseau social, aujourd’hui fortifié par la toile (de nombreuses vidéos Ted sont disponibles sur le web). Ted a fait des petits : les Tedx. Partout dans le monde, des conspirateurs positifs, pour reprendre l’expression de Mathieu Baudin, directeur de l’Institut des Futurs Souhaitables, se sont emparés du concept. En France Tedx Paris, Tedx Concorde, Tedx ESCP, Tedx AlsaceLire la suite de ‘Sortez de la caverne !’

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