France Télécom : la banalité du mal

« France Télécom : le suicide de trop » : c’est la une de France-Soir aujourd’hui !! Jusqu’à 23 suicides, on pouvait tolérer mais là, 24, c’est trop !!! Au secours !! Comment peut-on laisser passer un titre pareil, fut-on rédacteur en chef à France-Soir??

Un « suicide de trop » pour un quotidien national, une « mode » pour le patron de France Télécom, on aura tout entendu ! Pour moi, la maltraitance vécue par les salariés de l’entreprise relève de la banalité du mal. Petit à petit, insidieusement, s’appuyant sur le sens des responsabilités des salariés, justifiant une mobilité chronique et donc une déstabilisation permanente au nom du bien commun de l’entreprise, de sa compétitivité, de sa survie et donc de leur survie, on aura tout tenté pour faire accepter l’inacceptable aux salariés. Pour fuir l’humiliation de ne pas être à la hauteur des objectifs, et probablement celle de n’avoir d’autre choix que celui de se soumettre, certains n’ont vu d’autre issue que le suicide. Chercher dans leur vie personnelle une autre « raison » à ce geste ultime, même si évidemment « tout le monde ne choisit pas le suicide », c’est dégueulasse.

Ce qui arrive à France Télécom ne concerne pas que les salariés de l’entreprise. Cela nous concerne tous. Comme toutes les vexations, injonctions contradictoires (par exemple augmenter la pression sur les salariés en leur demandant de travailler mieux et en confiance !!), pertes brutales du travail, dont un nombre croissant de nos concitoyens font l’objet.

En écrivant ceci, j’ai bien conscience de risquer un « j’y pense et puis j’oublie ». La famine, la torture, l’exil, la misère, le racisme… j’y pense et puis j’oublie. Certes, c’est le risque. Mais « les hommes qui ne pensent pas sont des somnambules » disait Hannah Arendt. C’est un début. C’est un premier pas vers la résistance.

1 Réponse à “France Télécom : la banalité du mal”


  • pierre-jean (jean-pierre)

    Le pdg de France Telecom a même dit, paraît-il, à ses salariés qu’il y avait de plus en plus de pression et qu’il fallait que les salariés de province arrêtent de penser à  » aller à la pêche aux moules »… Quel dédain. Dans quelle fuite en avant peut-on être pour dire des mots pareils.
    C’est vrai qu’il faut entrer en résistance, au moins par la pensée. Penser pour continuer et se construire toujours.

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