J’aurais dû lui faire confiance

Hier, en revenant du cours de théâtre où nous avons travaillé sur la phrase « J’aurais dû lui faire confiance », j’ai eu envie d’ écrire sur ce sujet, la confiance. Parce qu’en réalisant mon dernier documentaire « Neuromarketing  – Des citoyens sous influence? », j’ai découvert comment le sentiment de confiance était décortiqué par les neurosciences, comment il était étudié d’un point de vue biologique. Il existe en effet une « hormone de la confiance », l’ocytocine. Pour faire simple, plus notre organisme produit d’ocytocine, plus nous sommes en confiance. Les premières observations de cette hormone sont liées à l’accouchement. D’ailleurs, ocytocine vient des mots grecs « accoucher » et « rapide ». L’hormone favorise donc l’accouchement mais aussi l’attachement maternel.

En observant certaines interactions, notamment économiques, entre les individus, des scientifiques ont étudié le rôle de l’ocytocine dans le partenariat. Bien entendu, comme avec la plupart des découvertes de ce type, des petits malins  ont flairé la bonne affaire et en ont profité pour mettre sur le marché un « liquid trust ». Présenté sous la forme d’un vaporisateur, ce liquide miraculeux permettrait à celui qui s’en asperge d’établir des relations de confiance avec ses collaborateurs, de réaliser de meilleurs ventes ou encore de trouver l’âme soeur sur le champ. Pas besoin de vous précipiter sur le produit, je l’ai testé, « pour les besoins de l’enquête » ;-) … et ça ne marche pas ! A l’inverse de Jean-Baptiste Grenouille, dans « Le Parfum » de Süskind, personne ne s’est précipité sur moi pour me dévorer d’amour… et c’est heureux ! Enfin voilà, je voulais développer cette idée là, cette notion toute technique de la confiance, cette vision soi-disant rationnelle de notre monde,  mais j’ai été rattrapée par les infos.

Et malheureusement, y’a du boulot ! Entre les migrants afghans attrapés lors de l’évacuation de la « jungle » à Calais, bientôt expulsés à Kaboul où le Paradis les attend, le nouveau mode de surveillance de la société proposé par une entreprise britannique (qui offre aux citoyens ayant chez eux un ordinateur de visionner en direct des images prises par des caméras de surveillance pour dénoncer les crimes et délits)  ou encore le « toujours plus d’indignité » des programmes de Télé-Réalité (apparemment, le prochain Mipcom, le marché cannois de la télé promet une belle fournée)… je me suis dit « Au secours, n’en jetez plus !! ». Les neurosciences expliqueront probablement ma sensibilité accrue par une augmentation de je ne sais quelle hormone dans mon organisme due à l’interaction croisée du milieu de la quarantaine, du lien mère-adolescent, et du climat quasi tropical des derniers jours. Ah, mais non, suis-je bête ! Ce sont mes neurones miroirs qui me jouent un tour. Ca me rappelle une phrase prononcée par un des enfants extra-terrestre surdoués du film « Le Village des Damnés » (dans sa version de 1960) à l’attention de leur brillant professeur humain : « Si vous n’aviez pas d’émotions, vous seriez aussi puissants que nous » ! Heureusement, depuis Damasio, on sait que les émotions sont indispensables à l’intelligence. Ouf ! Mais je m’égare…

Pour revenir aux migrants afghans et à tous les sans-papier, deux choses : la première,  j’ai un peu échangé avec Boris Chidlovsky depuis lundi (je ne le connaissais pas auparavant, je dis ça pour expliquer que mon billet n’était pas justifié par un copinage éhonté mais je ne me serais pas gênée si nous avions été amis !). En fait, il espère être inculpé afin que, je le cite,  « le mouvement de solidarité envers les centaines de milliers de personnes tenues délibérément dans un état de non droit s’amplifie ». La deuxième c’est ce lien que me signale Marie Maffre dans un commentaire http://philosophes-en-garde-a-vue.blogspot.com/2009/10/soutien-jose-chidlovsky.html Il s’agit d’une pétition de soutien à José. On l’aura compris, soutenir José, c’est soutenir la cause des sans-papiers… c’est nous soutenir nous-mêmes !!

Ah oui, j’oubliais : l’entreprise britannique de surveillance propose une récompense de 1.000 livres sterling  à la personne qui, chaque mois,  dénoncera le plus de crimes. Entre la rémunération de l’assiduité scolaire et celle de la surveillance de ses concitoyens, on commence à bien comprendre comment gagner plus en travaillant plus… mais autrement !!

 


1 Réponse à “J’aurais dû lui faire confiance”


  • Très intéressant cette notion d’Ocitocyne. Si tu pousses plus loin l’investigation…tiens nous au courant.
    Bisous

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