La lutte de Jan Karski contre la surdité des nations

Aujourd’hui, les idées se bousculent, s’emmêlent, je n’arrive pas à les ordonner. Je vais aller marcher dans Paris. Il fait beau, froid mais beau. Je compte sur cette marche salutaire pour me « défragmenter » le cerveau.

Je viens de terminer Jan Karski, de Yannick Haenel. L’histoire de ce résistant polonais qui a tenté d’alerter le monde sur l’extermination des Juifs d’Europe. Et qui n’a pas été entendu.

C’est un livre admirable, un travail d’une grande intelligence, la reconstruction limpide d’un destin exceptionnel. L’occasion aussi de mettre en lumière l’ampleur de la résistance polonaise pendant la deuxième guerre mondiale.  C’est en même temps un constat terriblement désespérant sur l’humanité. Cette humanité sourde, autiste, qui laisse faire le pire, par incompréhension, paresse et… par intérêt.  Haenel fait dire à Karski, aux pages 167 et 168 de son livre : « Car l’extermination des juifs d’Europe n’est pas un crime contre l’humanité, c’est un crime commis par l’humanité – par ce qui, dès lors, ne peut plus s’appeler l’humanité. Prétendre que l’extermination est un crime contre l’humanité, c’est épargner une partie de l’humanité, c’est la laisser naïvement en dehors de ce crime. Or l’humanité tout entière est en cause dans l’extermination des Juifs d’Europe ; elle est tout entière en cause parce que, avec ce crime, l’humanité perd entièrement son caractère d’humanité. On devrait tous reconnaître qu’après l’extermination des Juifs d’Europe, il n’y a plus d’humanité, que cette valeur est obscène, qu’on ne peut plus en appeler à l’humanité comme à un critère qui nous protège, et nous exonère de nos responsabilités : avec l’extermination des Juifs d’Europe, l’idée même d’humanité a disparu ».

Oui, le monde est dur. Depuis toujours. Je ne crois malheureusement pas que l’inhumanité commence avec l’extermination des Juifs d’Europe même si l’organisation paroxystique du massacre à la chaîne en fait son emblème le plus épouvantable. 

Oui, le monde est dur. Et je n’arrive pas à m’y faire.

 

 

1 Réponse à “La lutte de Jan Karski contre la surdité des nations”


  • et Camus à la fin de « l’Etranger » écrit: « Comme si cette grande colère m’avait purgé du mal, vidé d’éspoir, devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. »

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