La barbe !

Ô victoire, un jour par an, les femmes ont leur journée ! Quel que soit le thème, cette idée marketing de la journée de ceci ou de cela m’agace. J’ai tellement l’impression qu’il s’agit d’une BA annuelle, sur le mode « Vous voyez, on pense à vous », pour mieux oublier ensuite. A quand une journée de l’homme ? Bon, je ne vais pas faire la fine bouche, puisque journée il y a, saisissons l’opportunité et évoquons le thème du jour. Et pour ce faire, j’appelle à la barre… la pilosité.

D’abord pour dire mon agacement, voire mon dégoût, pour une affiche publicitaire qui se répand depuis quelques jours sur les murs du métro parisien (ami(e)s d’ailleurs, dites-moi si vous la voyez aussi chez vous). Il s’agit d’une pub pour une marque de poêles à bois. Sur l’affiche, un homme peu ragoûtant selon moi, doté d’une abondante matière capillaire grisonnante, matinée d’improbables dreadlocks, entouré de deux femmes. Le slogan : « Mes poêles les séduisent ». Vous noterez le jeu de mots subtil. Une envie d’ajouter « Il n’y a bien qu’elles ! » me démange depuis que j’ai découvert ce chef d’oeuvre du marketing.

J’apprends, par un article du Monde, que l’épilation intégrale, autrement dit l’épilation pubienne, progresse à grands pas. Il semble que l’esthétique des films porno y soit pour quelque chose. Je n’ai rien contre, ce qui me gêne c’est l’effet d’entraînement… il me gêne quel que soit le sujet d’ailleurs. Jusqu’où la mode imposera-t-elle son dictat, créant un conformisme qui risque de faire passer celles qui veulent conserver leur fourrure pour des has been ?

Ces histoires de poils me ramènent à un souvenir d’enfance. Un cours de biologie (on ne disait pas encore SVT) sur le poil. La prof était ce jour là de fort mauvaise humeur. En quittant son cours, je lançais aux élèves qui nous succédaient, réjouie et fière de ma trouvaille : « Je vous préviens, la prof est de mauvais poil »… jusqu’à ce qu’une main que je n’avais pas vu arriver, la sienne, se posât sur mon épaule me demandant de répéter ce que je venais de dire. Bredouillant quelques excuses, je lisais en même temps un certain amusement sur son visage. Visiblement, mon jeu de mots digne de l’Almanach Vermot l’avait fait sourire. Je réalise aujourd’hui que j’aurais peut-être pu faire carrière dans la pub.

Heureusement, il y a la Barbe, ce groupe de femmes activistes qui dérangent les arcanes des pouvoirs politiques, médiatiques, culturels, économiques en s’invitant, fausse barbe sur le visage, au milieu de réunions et autres colloques pour pointer le manque de représentativité féminine. Aucune agressivité dans leur démarche qui pourtant dérange. C’est amusant le malaise de ces messieurs qui croient s’en tirer par des petites phrases somme toute souvent maladroites. Je poste ici deux échantillons, l’un au Sénat (où l’on apprend que Gérard Longuet a une femme, 4 filles et une chienne !!) mais aussi au théâtre de l’Odéon où les mises en scène de femme sont rarissimes. Un petit effort, monsieur Py !

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En attendant que les femmes trouvent leur juste place dans nos sociétés, je me réjouis des 6 oscars attribués au film The Hurt Locker de Kathryn Bigelow, dont les oscars de la meilleure réalisatrice (une première !) et du meilleur film. The Hurt Locker versus Avatar, c’est David contre Goliath. Puissent ces oscars envoyer un signe encourageant aux auteures-réalisatrices en particulier, et à toutes les femmes en général, qui luttent quotidiennement pour exercer le métier qu’elles aiment.

 

2 Réponses à “La barbe !”


  • Pour filer la métaphore, nombreux sont les hommes en politique qui sont habitués à nous raser de près tout en pensant bien sûr à leur grandiose destin présidentiel en le faisant…

    Bonne journée

    Marc

  • Ah, Laurence, j’écoutais les infos en mangeant mon casse-croûte et j’étais dans une colère noire. J’en ai marre de ces journées de la femme, qui nous replacent en permanence dans le rôle de ces pauvres petites qu’il faut aider, où on entend tous les ans les mêmes conneries : « mais moi, je suis toujours galant avec les femmes ! » et « oh, mais je les aime moi les femmes ». A quand une journée de l’homme où on dirait qu’on est contente de les voir jardiner et où on ajouterait ce condescendant « je les aime » comme s’ils avaient besoin de notre amour pour être validés dans ce qu’ils sont. Bon je suis en colère et ça ne rend pas très fine. Et je suis bien placée pour savoir quels combats sont encore à mener. Bref, je me disais que j’aimerais bien que tu aies fait un papier et au café, je fais récré en allant voir ton blog et oui…
    Sur les poils, rien dire aujourd’hui, sinon que j’aimerais bien que celui qui s’est installé dans la main de mon fils aille voir ailleurs si j’y suis.

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