Derniers jours avant l’an neuf

Lundi, balade à Paris, avec la co-auteure de mes jours, le long de la Seine, en partant de Châtelet. Le fleuve déborde, pas une voiture sur les voies rapides. Les berges s’offrent tout entières aux passants, aux joggers et aux canards. Douce impression de calme au coeur de la ville agitée. Je rêve de plus en plus d’un Paris avec le moins de voitures possible. Pour rester sur un petit nuage, je vais voir Le Nom des gens de Michel Leclerc, avec Jacques Gamblin et Sara Forestier. Un beau film, qui fait du bien et parle à mes racines mélangées. Les deux comédiens sont magnifiques.

Mardi, Libé titre sa une sur l’affaire Khodorkovski : « Le nouveau procès de Moscou ».

Mercredi, je regarde Ajami, encensé par la critique. Un polar noir, plusieurs tragédies qui s’entremêlent. De l’excellent cinéma sans doute. Le film laisse une impression de malaise profond, un sentiment d’impuissance extrème, de l’effroi devant tant de malheurs. Et, je l’avoue, j’ai du mal à regarder le malheur en route sans la perspective d’un ailleurs, d’un autrement. Je veux croire encore et toujours qu’il y a des gens, des énergies pour bâtir autre chose. Je vis dans un monde de Mickey, m’a-t-on dit récemment. Je ne crois pas, dans un monde de Mickey, il n’y a aucun malheur visible, tout est caché, tout est faux et ça, c’est au moins aussi déprimant qu’un monde où le malheur n’a aucune issue. Je vis, à mon sens, dans un monde où l’enfer et le paradis se côtoient, résident en chacun de nous… mais rien ne dit que l’enfer l’emportera.

Jeudi, Lula refuse d’extrader Battisti.

Je vais voir mon ami Christophe, chanteur et éveilleur de voix. Ca fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus, comment peut-on laisser passer autant de temps sans voir ses amis ? Je le retrouve en forme, doux comme son sourire. Son yogi thé est délicieux et nous échangeons avec passion nos points de vue sur la façon de prendre soin des autres. Je savoure ensuite la marche à pied des Buttes-Chaumont au centre de Paris en passant par Belleville. La vie grouille et ça sent le canard laqué. Mon coeur et mes narines palpitent plus fort.
Le soir, dîner chaleureux en famille. C’est l’anniversaire de mon fils… 17 ans !

Vendredi, aujourd’hui, Ouattara lance un ultimatum à Bagbo : il a jusqu’à minuit pour quitter le pouvoir.

J’essaye de comprendre la formule mathématique envoyée par mon ami Daniel (ben oui, j’ai des amis bizarres) pour me parler de l’an neuf, enfin plutôt de l’an onze. C’est bête comme chou mais je m’emmêle les crayons parce que j’ai un problème avec la priorité des opérations. J’aurais bien mis des parenthèses en plus. Il faut croire que mes neurones ont déserté, temporairement je l’espère, le pays du calcul.

Quoi d’autre ? Le chanteur de Boney M est mort, un jeune homme a tué son père journaliste, il y a des inondations en Egypte, des gens vivent toujours dans la rue, l’Estonie passe à l’euro, les politiques sont en compétition pour les voeux. Plus d’un milliard de Chinois… et moi et moi et moi. Ah oui, le petit livre Indignez-vous de Stéphane Hessel s’est déjà vendu à 500 000 exemplaires. Est-ce un signe ?

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