Le petit peuple de Joyce

Par cette fin de semaine chagrine, où la grisaille le dispute aux gouttes d’eau, je suis allée faire un tour sur le site de mon amie Joyce Colson. Le visionnage de sa demo reel et le gris avait disparu. La vie cachée des œuvres a fait revenir la lumière.

Joyce a conçu les animations de mon documentaire sur le neuromarketing. Ce fut un vrai bonheur de travailler avec elle. J’exprimais des pensées confuses, elle écoutait poliment. Son œil interrogateur, quelques mots suffisaient à me faire préciser peu à peu ma ce que j’avais en tête… jusqu’à ce que je produise des textes utilisables, sur lesquels elle pouvait dessiner et mettre en mouvement le fruit de son imagination. Quelques aller-retour entre nous et voilà le résultat. Lire la suite de ‘Le petit peuple de Joyce’

De mon pays

Le premier tour des élections, une nouvelle claque, un nouveau coup au moral : 6,4 millions d’électeurs ont voté pour le front national. Consternation : jamais l’extrême droite n’a été aussi forte en France. La peur de l’autre camperait-elle désormais sur ses deux jambes, bien solidement ? La désignation du bouc émissaire continue sa progression… jusqu’où ? Mon pays me semble bien triste ce matin, rabougri, ratatiné sur son malaise…
Oui, mais plus de 80% des électeurs n’ont PAS voté pour le FN, alors… il reste un espoir.
En attendant, pour lutter contre le désarroi et la vulgarité du moment, la poésie de l’artiste Pablo Pares, une douce antidote de nostalgie et de légèreté.

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La transmission du flambeau

Ce matin, aux Invalides, un petit vent glacial pinçait la peau. Pourtant, une vague de chaleur humaine, un souffle d’espoir flottait parmi la foule rassemblée pour les funérailles de Raymond Aubrac. Les anonymes qui, comme moi, assistaient à la cérémonie de départ de l’illustre résistant semblaient vouloir témoigner d’une chose: l’esprit de résistance ne meurt pas avec ses derniers représentants. Leur audace et leur courage résonnent plus que jamais dans le monde compliqué au sein duquel nous nous débattons.

Un petit garçon étonné, des jeunes filles concernées, des adolescents graves, des jeunes adultes recueillis, des moins jeunes émus, des médailles, des cannes et des cheveux blancs, d’anciens camarades de lutte, quelques politiques discrets composaient ce matin une foule attentive et concentrée. L’ exemple de Lucie et Raymond Aubrac, transmis sans relâche aux plus jeunes à travers les multiples échanges qu’ils ont eus avec les lycéens ne s’évanouira pas avec leur disparition physique. D’ailleurs, s’ils ont témoigné inlassablement, c’est bien qu’ils comptent sur nous, confiants.

Un engagement dont fait preuve à son tour Renaud Helfer-Aubrac, leur petit-fils, conseiller à la mairie de Paris, très impliqué dans l’humanitaire, « sans-fontiériste » convaincu. Il éclairait ce matin l’événement de sa présence bienveillante. A la fin de la cérémonie, devant les Invalides, généreux, il avait un mot pour les uns, un sourire pour les autres. En l’observant, j’ai compris que la flamme des Aubrac brûle toujours, bien vivante. Grand-père et petit-fils ont ensemble écrit un livre, Passage de témoin, évoqué dans cet entretien à TV5 Monde.

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L’ennemi d’aujourd’hui est plus difficile à cerner, mais il a le même visage haineux que celui d’autrefois : xénophobie, intolérance, fanatisme. J’ai même envie d’ajouter défaitisme, discours de peur qui pousse à bout, qui conduit à l’idée que « l’on n’y peut rien ». Parce que les Aubrac, de génération en génération, sont convaincus qu’il faut penser et s’engager sur le long terme, parce que leur envergure témoigne d’un autre horizon, je leur dis merci ! Merci à cette magnifique famille d’exister et de nous donner l’espoir que, peut-être, nous saurons à notre tour être à la hauteur de leur esprit de résistance.

Heureux les fêlés

Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière ! ». Cette phrase de Michel Audiard, Blandine Prévost se l’est appropriée. Ingénieur en électronique, mariée à « un type formidable », mère de trois beaux enfants, Blandine a… une fêlure. Une faille qui survient dans la vie de beaucoup de gens, mais généralement à un âge plus avancé que le sien, 38 ans. Une lézarde qui suscite presque immédiatement, quand on la nomme, apitoiement et commentaires compatissants. Une brèche qui modifie instantanément le regard de ceux qui en prennent connaissance, formatés que nous sommes à associer cette maladie avant tout à l’oubli, la déraison, la perte de dignité. Si je tarde à nommer ce qui la handicape, c’est parce que je voudrais laisser de côté la cohorte d’idées reçues afin que Blandine ne disparaisse pas derrière sa maladie. Lire la suite de ‘Heureux les fêlés’

Né le 14 juillet en Egypte

Il s’appelle Adham, il est né le 14 juillet 2011, à Louxor, en Haute-Egypte. Il est le fils de mon amie Shadia et de son mari Mohamed. En cette année de révolutions arabes, cette date de naissance sonne comme un clin d’œil pour la Française que je suis. Certes, il n’est pas question d’interpréter le printemps arabe à l’aune de l’histoire française. Ni les lieux, ni les époques ne l’autorisent comme le souligne Mathieu Guidère dans son excellent ouvrage Le choc des révolutions arabes. D’ailleurs, vue de Louxor, la « révolution du 25 janvier » a un goût amer. Porteuse d’espoir, elle s’est rapidement révélée désastreuse d’un point de vue économique, dans une région où le tourisme est la principale source de revenus. Des chauffeurs de taxi au personnel des « cruise boats », des felouquiers aux commerçants des souks, des milliers d’Egyptiens se retrouvent sans travail. Lire la suite de ‘Né le 14 juillet en Egypte’

Pourquoi j’ai mangé mon mari

La scène se déroule au Pléistocène moyen, vers 300 000 avant notre ère (NDLR : l’idée d’une équivalence entre « notre ère » et Jésus Christ me laisse perplexe mais si je commence à remettre en cause chaque convention langagière, je n’arriverai jamais au bout de ce post).

Andrée et Gaston, deux homo erectus dans la fleur de l’âge, vaquent à leurs occupations. Elle nettoie bols et soupières dans le ruisseau. Lui taille un silex, sans conviction, plus intéressé par le spectacle du postérieur de sa compagne que par son labeur ingrat. La météo est clémente en ce printemps lointain et le climat, doux, propice à l’éveil des sens. Vite lassé par sa fastidieuse tâche, Gaston se dirige vers Andrée et sans prévenir, s’agrippe à ses hanches avant de la pénétrer vigoureusement. Andrée se laisse faire (à cette époque, elle n’a pas trop le choix), non sans pester car la surprise lui a fait lâcher une coupe en argile qu’une nouvelle fois il va falloir remodeler, comme si elle n’ avait que ça à faire ! Très en forme, Gaston lutine, trousse, en un mot, s’attarde. C’est alors qu’arrive un drôle d’individu, glabre, bizarrement vêtu de matières inconnues, émettant des sons étranges et nouveaux. Gaston l’observe, méfiant, sans pour autant lâcher sa femelle qui s’impatiente. Lire la suite de ‘Pourquoi j’ai mangé mon mari’

La rhétorique de Marc-Antoine

Marc-Antoine n’a pas attendu le neuromarketing pour manipuler la foule après l’assassinat de Jules César. Il n’en avait pas besoin, il savait manier la rhétorique. C’est ce qu’a rappelé Emmanuel Laurentin, grâce à son excellente émission, la Fabrique de l’Histoire, sur France Culture, mardi dernier. Enfin… il n’a pas parlé de neuromarketing (ça, c’est moi qui fait le rapprochement) mais il a souligné son art oratoire. Dans le cadre d’une série « Déposer le souverain« , suscitée par le départ de Ben Ali, une émission a été consacrée au tyrannicide.  Alors que Brutus s’est contenté d’un simple exposé informatif pour expliquer les raisons de l’assassinat, Marc-Antoine, allié de César, a su retourner la foule hostile au tyran et à ses alliés grâce à un discours en vers. Pour souligner l’ignominie du crime, il fit lire, en guise d’oraison funèbre, la liste des honneurs dévolus à César, ainsi que le serment qu’avaient prêté les sénateurs de défendre sa vie. Shakespeare l’a interprété à sa façon dans Jules César, pièce que Mankiewicz a fidèlement adaptée au cinéma, avec Marlon Brando dans le rôle de Marc-Antoine.
 

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L’agonie d’Homo œconomicus ?

Il était une fois Homo œconomicus. Né quelque part entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème, Homo œconomicus est un être théorique, censé, notamment, maximiser sa satisfaction personnelle en utilisant au mieux ses ressources. Les théoriciens de cette représentation du comportement économique des êtres humains estiment qu’il agit ainsi de façon rationnelle. Autrement dit, une attitude égoïste quant à ses ressources propres serait la plus rationnelle. Cette représentation a servi de base à l’école néo-classique, soit l’orthodoxie économique longtemps et majoritairement enseignée dans les universités. Pour avoir moi-même fréquenté quelques cours d’économie sur les bancs de l’université, je me souviens de mon étonnement à la seule idée que tous les individus se comportaient nécessairement de la même façon, et que l’altruisme était considéré comme irrationnel.

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Antidote à la grisaille

Quand la grisaille est là, quand le blues s’installe, quand tout semble morose, j’ai quelques antidotes dont Some like it hot et les films de Jacques Demy. Je rêve de divaguer avec l’élégante Fée des Lilas de Peau d’Ane, de traverser le cadre coloré et de sentir sur ma peau les effets du soleil généreux des Demoiselles de Rochefort. Et je nous imagine le culot et le talent pour danser et chanter dans les rues comme les passants de ses films.

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Derniers jours avant l’an neuf

Lundi, balade à Paris, avec la co-auteure de mes jours, le long de la Seine, en partant de Châtelet. Le fleuve déborde, pas une voiture sur les voies rapides. Les berges s’offrent tout entières aux passants, aux joggers et aux canards. Douce impression de calme au coeur de la ville agitée. Je rêve de plus en plus d’un Paris avec le moins de voitures possible. Pour rester sur un petit nuage, je vais voir Le Nom des gens de Michel Leclerc, avec Jacques Gamblin et Sara Forestier. Un beau film, qui fait du bien et parle à mes racines mélangées. Les deux comédiens sont magnifiques. Lire la suite de ‘Derniers jours avant l’an neuf’

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